Les 10 raisons pour ne plus aller dans une foire au vin

Par avance, prends garde à toi cher lecteur. Il se peut que cet article, très volontairement à charge, n’émousse ta fierté de consommateur averti.
Nous allons en effet égrainer les 10 raisons pour lesquelles tu as eu tort de te rendre à la foire au vin de ton hyper/mega/super/micro/nano marché le WE dernier. Cela ne fait certes pas de toi une cause perdue, une âme maudite ou un sans goût. Non ! Seulement voilà, durant l’espace d’une demi-heure d’errance dans les allées sur-éclairées  de ton magasin préféré, toi aussi, à ton insu, tu fus le dindon de la foire et nous allons te dire pourquoi…

 1 – Une publicité habile mais trompeuse

Chaque année à la mi-septembre, nos boites aux lettres dégoulinent de catalogues pleins de promesses. Cette fois c’est sûr, les meilleurs millésimes nous attendent, c’est écrit dessus. Et puis en fait non, rayon vide. Quantité limitée oblige… « en v’nant hier matin à l’ouverture, vous en aviez » regrette pour nous le sommelier de supermarché.

2 – Des promos bidons

« 2 caisses achetées – la 3ième offerte » ; « Cuvée du roi à -50 % »…
Des affaires, on va en faire ! Au nombre de pancartes fluos qui tapissent le rayon, y’en a bien une pour nous hein ? Foire = excellentes affaires, c’est pour ça aussi qu’on est venu. Et puis on déambule, on repère nos petits favoris, on sélectionne du regard les coins à potentiels pour finalement se rendre compte que la promo c’est pour la palette d’à côté. Raté ! Encore…

3- Des réductions sur les millésimes les moins intéressants

Millésimée 2012 et surtout 2011, l’appellation Cornas est une pépite. Dommage que la promo soit sur 2013 …

4- Médailles et macarons en carton

Le dindon a ceci de contrariant, il tourne beaucoup la tête. Pour retenir ses belles mirettes sur les bouteilles,  les rois du marketing ont  trouvé la parade. Le macaron. Les bouteilles peuvent ainsi se voir recouvrir de plusieurs autocollants de l’acabit de celui-ci : « médaille de bronze du concours des amis du vin de Lourdes». On remarquera l’habileté du procédé qui consiste à mettre une médaille de bronze, sous-entendu « On vous vend le 3ième  du podium et c’est déjà vachement bien ». Et le dindon glougloutait.

5- Des rayons trop grands …

Evidemment c’est une foire !  Heureusement, les caddies sont très grands aussi.

6- … qui légitiment notre déplacement en voiture

C’est qu’on est venu pour remplir la cave. Alors même si la promo était bidon, que le Cornas 2013 il n’y en a pas, il reste tout plein de caisses de « la médaille de bronze des amis du vin de Lourdes ». Quels veinards !

7- Un personnel incitatif

Les directeurs de magasin ne lésinent pas sur les moyens. A renfort de personnel spécialement mobilisé pour l’occasion, on nous oriente vers les bonnes palettes et on nous rassure sur la qualité de nos choix. «Les amis du vin de Lourdes ? Avec ceux de Dunkerque c’est le meilleur jury. 2 caisses ? c’est pas de trop. »

8- Le conditionnement des bouteilles (ou comment flinguer un vin)

La lumière et la chaleur ne sont franchement pas copains avec le Cornas.

9- Chez un bon caviste, c’est la foire toute l’année 

C’est pas faute de le crier ça et là.

10 – Tu n’es pas un dindon cher lecteur

Un peu d’amour propre tout de même! D’ailleurs tu ne sais même pas glouglouter.

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Les 10 faux bienfaits du Whisky

Vrai ou Faux ?
Tout le monde est déjà tombé sur ces innombrables « listicles » qui vous expliquent comment devenir maître du monde en restant bien au chaud sous la couette. Rien de bien méchant en général, si ce n’est de colporter parfois de nombreuses informations erronées, concernant souvent la santé

Dans ce genre-là, et plus particulièrement parmi les sujets qui nous concernent, la fameuse liste des bienfaits du whisky… Basée sur des articles et recherches provenant notamment de Harvard, le Telegraph, le National Center for Biotechnology Information (Centre américain d’informations biotechnologiques), le Journal of Food Science et par des centres de recherche sur le cancer.  Je vais donc ici me faire un plaisir de démonter (presque) tous ces points, point par point..

Certes, le but de ce contre-article n’est pas de vous dégouter de l’alcool en général et du whisky en particulier, mais force est de constater que ces listes tiennent parfois bien de la désinformation, voire même de la dangereuse recommandation, en ce qui concerne le diabète.

Cet article tourne sur le net depuis quelques années et revient en force ces derniers temps, apparemment sous l’impulsion du site « The Luxury Spot ». Depuis, il est joyeusement pompé repris, traduit, et complétement modifié. Nous utiliserons donc sa récente version québécoise du Journal de Montréal.

1 – Empêche la prise de poids

« En plus de réduire l’appétit, le whisky est un alcool peu calorique, car on le consomme généralement en petite quantité »

FAUX : Evidemment, aucun aliment ne saurait empêcher la prise de poids, puisqu’il apporte de l’énergie, par définition. Le whisky, généralement embouteillé à 40%, est par exemple aussi calorique que le calvados, la vodka, le gin, les rhums agricoles. De plus, la majorité du whisky consommé dans le monde est bu pour s’alcooliser, dans un contexte de fête et mélangé avec des sodas ou de l’eau pétillante. Et il suffit d’en boire un à jeun pour constater soi-même s’il ouvre ou réduit l’appétit…

2 – Améliore la santé cardiaque

« Les antioxydants présents dans cet alcool empêchent l’accumulation du mauvais cholestérol dans les artères. Le whisky est l’une des seules boissons qui peuvent renforcer le cœur. Il réduit les risques de formation de caillots sanguins ainsi que ceux de faire une crise cardiaque »

FAUX : Les fameux antioxydants cités à longueur de cette liste seraient plutôt le bien seul acide ellagique, (présent à hauteur de 1.20g/litre dans le meilleur des cas) de la famille des fameux polyphénols, ou tannins issus des plantes. Ils sont effectivement antioxydants, mais ne sauraient contrer la concentration en radicaux libres dans le muscle cardiaque engendrée par l’absorption d’alcool. Pour ces choses-là, le vin rouge est certainement beaucoup plus intéressant.

3 – Combat le cancer

« Riche en antioxydants, le whisky contient notamment de l’acide ellagique, qui permettrait d’empêcher la prolifération des cellules cancéreuses. Il exercerait une action capitale dans la prévention du cancer de la peau, du poumon et de l’œsophage. Il peut aussi protéger le corps pendant un traitement de chimiothérapie »

Plus ou moins FAUX : De toutes les façons, les polyphénols se retrouvent partout dans notre alimentation, (on en absorbe au moins 1 g par jour) étant majoritairement responsables de la couleur des fruits et légumes (anthocyanes, quercétine). Quant à leurs propriétés anti cancer, elles n’ont pas pu être prouvées in vivo, idem pour la chimio. Ah oui, l’histoire d’amour entre l’alcool et l’œsophage, je vous la raconte ?

4 – Améliore la santé du cerveau

« Une étude menée en 2003 a conclu que le whisky réduit les risques de souffrir de démence et de la maladie d’Alzheimer ».

FAUX : Ce sont encore une fois les polyphénols qui sont ici censés être bénéfiques, mais ils sont trop peu concentrés dans le whisky. Cela ne peut contrecarrer les méfaits de l’alcool, qui entraîne des carences en vitamines essentielles pour le cerveau : La vitamine B1 qui régule l’assimilation des glucides (source d’énergie) dans le neurone ; La vitamine PP qui intervient dans la respiration cellulaire. Leur absence ou carence provoque une dégénérescence du neurone qui va finir par être détruit.

5 – Réduit les risques d’infarctus

« Le whisky améliore la circulation sanguine en aidant le corps à se débarrasser du cholestérol présent dans les vaisseaux sanguins. »

FAUX : Tout est une question de dose. Certes, la fabrication du « bon » cholestérol est stimulée parl’absorption d’alcool, et va venir chasser le « mauvais ». Mais l’alcool fort augmente sensiblement la tension artérielle, et ça votre système vasculaire, il n’aime pas ! (vaut aussi pour le point numéro 2).

6 – Combat le stress

« Le whisky aide à combattre l’anxiété et le stress, à calmer les nerfs et à détendre le corps. Il améliore la circulation sanguine et l’oxygénation des organes »

FAUX : Anxiolytique comme n’importe quel alcool, mais la détente musculaire sera de courte durée et l’effet sera inversé le lendemain ! Quant à la circulation et l’oxygénation, Humm… faites du sport !

7 – Bonifie la mémoire

« Les antioxydants présents dans le whisky améliorent la santé du cerveau en stimulant la mémoire. Ces propriétés, qui réduisent le risque de souffrir de démence, gardent le cerveau jeune et actif. »

TOUJOURS FAUX : Voir point 4.

8 – Favorise la digestion

« Le whisky a longtemps été utilisé comme remède pour les problèmes digestifs. Consommé après un repas, il aide à détendre le corps. Il réduit aussi l’appétit et les chances d’avoir des maux d’estomac ou une indigestion après avoir consommé un repas copieux ».

FAUX : Il détend tellement bien, que les muscles de l’estomac ne travaillent plus, ralentit la vidange de l’estomac, engendre un reflux œsophagien…. J’arrête là ?

9 – Allonge l’espérance de vie

« Puisque les antioxydants et les nutriments présents dans le whisky éloignent les maladies, l’espérance de vie des amateurs de la boisson est plus grande. Il empêche également la dégradation des cellules les plus importantes du corps, qui ne se régénèrent pas par elles-mêmes. »

FAUX : Pas exclusif au Whisky, le consensus actuel sur l’alcool étant que l’on vit mieux et plus longtemps en buvant modérément que si l’on est totalement abstinent.

10 – Sans danger pour les diabétiques

« Puisque le whisky contient très peu de glucides, il n’augmente pas le taux de sucre dans le sang. C’est ce qui en fait la boisson idéale pour les personnes souffrant de diabète ».

FAUX ! Toute édulcoration du whisky étant interdite, il ne fait certes pas augmenter la glycémie. Mais ! (Et là je cite l’Université de Montréal) : « La consommation d’alcool chez les diabétiques augmente le risque d’hypoglycémie, une condition caractérisée par une baisse anormale du sucre dans le sang. Lorsque vous buvez de l’alcool, votre foie s’active à l’éliminer de votre sang. Pour ce faire, il met de côté toutes ses autres activités, y compris le contrôle de la quantité de sucre qui circule dans le sang (glycémie). Ainsi, le glucose habituellement libéré est « emprisonné » dans le foie, ce qui peut alors affecter le contrôle de la glycémie… Un seul verre d’alcool est suffisant pour que votre foie ait plus de difficulté à produire du glucose. De plus, les risques d’hypoglycémie augmentent si l’alcool est pris à jeun. En effet, l’alcool ingéré le ventre vide est rapidement absorbé et se retrouve dans le sang en un clin d’œil. Boire aussi peu que 60 ml d’alcool à jeun peut déclencher une hypoglycémie sévère. »

Gaël Caté – Consultant en Spiritueux

Brèves de Caviste #1

Oui, tout comme celles de comptoir existent, j’ai décidé de narrer celles de mon métier, caviste.

Ici et là, je m’en vais piocher les petites pépites que j’ai eues à entendre ou constater…

Je mentionnerai très certainement les cuvées ou les vignerons « incriminés » dans ces instantanés de mes journées et soirées. Sachez qu’elles seront très certainement ponctuées d’un dosage d’humour propre à moi-même et que je ne force personne à en rire 😉


« Grololo », la cuvée des Pithon-Paillé en Grolleau 100% :

Une soirée de débâcle au « Lot » Of Wine (c’est quand on la salle et le bar sont remplis, qu’on se fait marcher sur la tête et que l’envie nous vient de pousser les murs, une soirée classique en fait !)…

Une jeune femme retient mon attention…

Une jeune femme que j’avais trouvée étrange car, arrivée avec un petit groupe de personnes mais jamais vraiment restée en leur compagnie. Toute virevoltante et assez curieuse de tout ce qui se passe de l’autre côté du bar, elle passe pour la énième fois aux abords de notre « site de production intensif d’assiettes victuailleuses » et, à ce moment-là, on ouvre une quille de « Grololo »…

Grololo

Interloquée et subitement incendiaire, la jeune femme s’insurge, peste et hausse le ton à la faveur de ses sourcils puis nous déverse un :

Ah c’est bien un truc de mec ça ! Non mais c’est quoi cette étiquette ? La parité on n’y est pas encore !!

L’attention des habitués du bar se meut petit à petit en bruits soutenus des hilarités intérieures, ça pouffe tout contenu, les lèvres pincées, ça rit en toute discrétion derrière les mains.
Courroucée et en attente d’une attention collective, elle poursuit :

Et pourquoi n’y a-t-il pas un vin qui s’appelle « Bibite » ?

Ce sur quoi mon homme (qui œuvrait d’ores et déjà au remplissage des verres au bar) lui rétorque, de sa plus vive répartie toute Cadurcienne :

Sans doute parce qu’aucun cépage ne se nomme « Bite » ?

Un ange est passé juste après ça… Se faufilant entre les rires enfin dé-contenus et devenus explosifs des convives autour… Mais la part de cet ange là n’était rien que pour elle…

On n’a pas cru bon de lui donner l’occasion de goûter ce fameux « Grololo »… A tort ou à raison !

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Le bon Beaujolais n’est pas nouveau… qu’on se le dise !

Beaujolais nouveau Vs Beaujolais

C’est sympa de boire du Beaujolais nouveau, surtout le jour de sa sortie. Ça permet d’ironiser sur son goût présumé de banane et de groseille… comme chaque année. Mais ça s’arrête là. Ça doit s’arrêter là ! Oh ! vous aimez le vin, oui ou non ?

Le Beaujolais, « le pas nouveau », c’est bon, voire très bon. Vous le connaissez sans le savoir même : Julienas ? Beaujolais ! Chénas ? Beaujolais ! Morgon ? encore du Beaujolais. Un vrai terroir et 12 AOC. Eh ouai !

Alors ? Du Beaujolais buvez-en !

Il est arrivé, le troisième jeudi de novembre

Le 20 novembre est là. Il n’est plus possible de reculer. Le temps des vins primeurs est arrivé ! Intéressons-nous à la star de ces vins ! Celui que vous aimez détester. Celui que vous buvez malgré tout dans l’espoir de déceler un arôme incongru ou tout simplement pour passer un bon moment autour d’un canon. Le beaujolais nouveau !

Le beaujolais nouveau est arrivé
Dans chaque ville et dans tous les quartiers
Dans nos bars et dans tous nos cafés
Le beaujolais nouveau est arrivé

Jean-Jacques Paquet, et tant d’autres l’ont chanté ! Mais d’où vient-il vraiment ? On trouve les origines des vins nouveaux dès l’Antiquité. Non content d’avoir inventé la démocratie, les Grecs nous ont également légué le vin nouveau. Célébré lors des Anthestéries dédié au dieu Dyonisos, le vin nouveau fait l’objet d’une journée appelée « fête des pichets ». Cette journée est l’occasion de s’émerveiller du renouveau de la nature et surtout de boire un bon coup. Des pichets de vin nouveau sont servis et des jeux à boire sont organisés :

 « Oyez, peuples! Selon l’usage de vos pères, célébrez les Conges en buvant au son de la trompette. Celui qui aura vidé le sien le tout premier recevra une outre… » Aristophane, Acharniens.

L’histoire du vin en Beaujolais n’est pas aussi vieille. Il faut remonter au XVIIIème siècle pour voir la vigne et sa culture vraiment s’implanter dans cette région. Depuis, le vignoble va se développer progressivement pour atteindre des sommets de popularité grâce à son vin nouveau. La première étape importante de l’histoire des vins du Beaujolais se situe en 1937 où le Beaujolais obtient son AOC. Ensuite vient la seconde guerre mondiale, de nombreux artistes, journalistes et personnalités du monde de la culture viennent à Lyon pour fuir l’envahisseur. Or pour citer Léon Daudet : « Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves : le Rhône, la Saône et le Beaujolais. » La vie y est un peu moins difficile que dans la capitale lors des premières années de la guerre et tout ce monde se retrouve dans les « bouchons » autour d’un pot de « beaujo ». Le Beaujolais commence à se construire sa renommée.

1951. C’est là que tout commence. Grâce à Jean Laborde alors député du Rhône, le Beaujolais obtient l’autorisation de vendre en primeur. C’est la naissance du Beaujolais nouveau. Mais il faudra attendre quelques années avant que le succès ne vienne à sa rencontre. Sous l’action conjointe de Georges Duboeuf négociant, Jean Tixier publicitaire et Pierre Boisset courtier chez Nicolas, le Beaujolais nouveau va se faire une place au soleil. Entre 1960 et 1970, la production va être multipliée par 1000 ! Et puis la déferlante va s’abattre sur la France. En 1975, René Fallet publie son roman le « Beaujolais Nouveau est arrivé ». Le primeur fait son entrée dans la culture populaire. Bernard Pivot, l’enfant du Beaujolais, devient un fervent défenseur de ce petit vin gouleyant. 1975 est aussi l’année du premier lancement médiatisé du Beaujolais Nouveau. Depuis les salons du palais Bourbon, Edgar Faure président de l’Assemblée nationale va baptiser le Beaujolais nouveau lors d’une soirée sous le parrainage de Georges Brassens et Mireille Mathieu. Dès lors, plus rien ne va résister au Beaujolais Nouveau et à ses excès médiatiques. Les lancements sont de plus en plus fous, le monde est conquis, les japonnais en raffolent. La messe est dite.

En 1998, année bénite, le Beaujolais Nouveau va atteindre son apogée avec près de 1 400 000 hl produits dont plus de 800 000 hl pour l’exportation ! Depuis, le succès se fait moindre. Longtemps loué, le Beaujolais Nouveau a mauvaise presse. Il était le vin des copains, des bons moments passés au comptoir, il est devenu l’emblème des beaufs et des alcoolos. « Les bonnes années, il nettoie le carrelage, les mauvaises, il le raye » Cette phrase qu’on prête à Eddy Mitchell illustre bien l’image écornée de ce vin. Certes la machine médiatique autour de ce petit vin primeur est allé trop loin avec des dérives incroyables : souvenons-nous de ces braves Japonnais se baignant dans une piscine de Beaujolais Nouveau , mais il reste un étendard de la culture française à l’étranger. En 2009, Périco Legasse et Bernard Pivot décident de créer un Comité de défense du Beaujolais pour redorer le blason d’un vin et d’une région injustement critiquée.

Car le Beaujolais ne se limite pas à son vin primeur. C’est une région viticole qui connait douze AOC : Beaujolais, Beaujolais Village et dix crus parmi lesquels Saint Amour, Juliénas, Morgon, Brouilly… Alors ce soir, trinquons tous autour d’un pot de Beaujolais Nouveau et il nous restera 364 jours pour découvrir un vignoble sous-estimé mais qui fait la fierté du toute une région.

Bernard.

Quand le vin a un goût de métal…

Quand le monde de la musique metal rencontre celui du vin, s’agit-il d’une simple approche marketing ou d’une réelle passion ? Cela reste à voir…
 
Les temps sont durs pour les papys du rock. A l’heure où les seules ventes de disques ne suffisent plus à remplir le tiroir caisse, les mastodontes du heavy metal n’hésitent plus à se diversifier pour obtenir des revenus supplémentaires. Des subsides bienvenus quand il s’agit de payer le prochain séjour en clinique, quelle qu’elle soit.

 

« A croire qu’on peut vendre tout et n’importe quoi pourvu que l’étiquette soit belle… »
Plusieurs groupes se sont lancés dans la production de breuvages alcoolisés. Spontanément, le métal va être associé à la bière. Que celui qui n’a pas bu son litre de bière chaude en écoutant les douces mélopées de -choisir le groupe de métal de votre choix- me jette la première pierre. Bruce Dickinson, le chanteur d’Iron Maiden, s’est pleinement impliqué dans l’élaboration de la Trooper, une bière aussi British que son créateur ! ACDC, Motörhead et Kiss ont également lancé la production d’une bière officielle pour ravir le palais de leurs fans dévoués. Mais dans une volonté de diversification qui peut paraître plus étonnante, ces groupes et leurs représentants ont également décidé de se lancer dans la vente de vin. Si ces artistes sont, pour certains, de véritables amateurs de grands crus, il ne faut pas voir autre chose que de simples opérations marketing dans ces productions qui auront pour objectif de remplir les caisses de groupes qui ont du mal (cela reste à confirmer) à se financer.

 

Wine Rock
 
En 2011, ACDC a lancé la vente de 4 vins aux noms évocateurs : “Black in Black Shiraz”, “Highway to Hell Cabernet Sauvignon”, “You Shook Me All Night Long Moscato”, « Hells Bells Sauvignon Blanc”. Tout un programme ! Produits en Australie, la patrie du groupe, ces vins ont connu un véritable succès et sont disponibles à la vente un peu partout… en Australie et sur Internet.
 
Nombreux sont les groupes qui ont été convaincus par ce succès. Motörhead se lance également dans le vin après la bière et la vodka !! Encore une fois des produits provenant d’Australie, un Shiraz et un rosé. Le tout disponible en bouteille, off-course, et en cubi, youpi. Un cubitainer en forme d’ampli de basse en hommage à Lemmy Killmister seul maitre à bord du vaisseau Motörhead, qui pour la petite histoire se contente désormais de boire du vin suite à de récents problèmes de santé. On ne se moque pas. Encore une fois, c’est un succès notamment en Scandinavie où la notoriété du groupe est importante.
 
Kiss et Slayer ont aussi rejoint les légions des groupes armés de bouteilles mais avec des vins Californiens. Cela fonctionne toujours. A croire qu’on peut vendre tout et n’importe quoi pourvu que l’étiquette soit belle, du moins qu’elle vous parle directement.
 

 « Il y a une réelle passion et l’élégance de ne pas surfer uniquement sur le succès des groupes concernés… »

Alors oui, le monde est pourri. Tout n’est que marketing, Magouilles et Cie… Mais certains artistes ont vraiment le vin dans le sang. C’est le cas de Maynard J. Keenan chanteur des groupes Tool, A Perfect Circle et Puscifer qui possède quelques viticulteurs dans son arbre généalogique et qui est tombé amoureux du vin sur les bons conseils de son manager. Et c’est avec passion qu’il a décidé de se lancer dans la production de son propre vin et qu’il a créé Caduceus Cellar avec l’aide d’un viticulteur professionnel. Les deux hommes se sont donnés comme mission de réintroduire la production dans l’état d’Arizona qui n’a plus vu de domaines depuis de très très nombreuses années. Cette folle aventure a fait l’objet d’un documentaire « Blood into wine » dans lequel l’énigmatique chanteur dévoile sa passion pour le vin. Et le pari est réussi, l’exploitation existe, fonctionne et le vin semble prometteur à croire ceux qui l’ont goûté. On est bien loin de la démarche de marchandisation d’un produit sous l’étiquette d’un groupe, il y a une réelle passion et l’élégance de ne pas surfer uniquement sur le succès des groupes concernés.
 
Au final, l’arrivée des groupes dans le monde du vin n’est que l’illustration d’une volonté de diversification des revenus. Il ne suffit plus de vendre de disques ou de remplir des salles de concerts. Il faut trouver tous les moyens possibles pour faire sortir la monnaie aux fans les plus dévoués et la bouteille de vin se pose en nouvel accessoire tendance. Seuls quelques vrais amoureux à l’instar de Maynard J. Keenan ont su se lancer dans l’aventure du vin sans vraiment vendre leur âme au diable. 
Bernard.

De la relativité…

Un vin exceptionnel… Qu’est-ce qui rend un vin exceptionnel ?

D’aucuns disent qu’il est issu d’un grand terroir. D’autres qu’il est fait par un grand vigneron. Pour beaucoup, il faut les deux. Certains disent qu’il se doit d’être cher ; ils y voient un signe de la reconnaissance publique de sa grandeur. Il doit aussi être en bio, ou pas. Rouge ou blanc. Puissant ou sur la finesse (les deux, c’est aussi possible). Long évidemment, et souvent la complexité est exigée.

Tout ceci fait le bon vin, voire le très bon vin.

Chacun(e) aura donc son panthéon personnel, selon ses propres critères. Tous relatifs.

Ce qui rend un vin exceptionnel à mes yeux, c’est la façon dont je l’ai bu et probablement encore plus avec qui.

N’étant ni œnologue, ni dégustateur professionnel, encore moins sommelier ou « prince des gastronomes », je ne me risquerai pas à décréter qu’un vin est grand. J’assume par contre de dire que j’ai trouvé un vin exceptionnel. Exceptionnel s’entend pour moi, mes petites papilles et mon gros cœur.

Il se trouve que ce Chambolle-Musigny Les Amoureuses de 1966 fut un vin exceptionnel.

Cette bouteille déjà évoquait à l’amateur que je suis une promesse. Son climat était à lui seul un poème. La simplicité de l’étiquette et son âge apparent, visible, disait sa probable conservation dans de bonnes conditions… Sa robe encore vive, d’un rose avec des reflets bruns, se paraît d’éclats de soleil qui se reflétaient dans les yeux de ma convive, allumant des étoiles de surprise et de plaisir. Toujours vivant, d’une suavité peu ordinaire, des notes de vieille rose – de celles que l’on retrouve sèches dans une boite de souvenirs -, de pruneaux, de fruits rouges confiturés, et d’un poil d’animal encore jeune, la bouche tenait plus ses promesse que le nez, si délicat qu’il fallut plusieurs minutes pour qu’il sorte de son repos de plus de 40 ans.

Il fallait bien que ce soit elle qui m’accompagne pour cette dégustation, pour magnifier la douceur et l’histoire contenue dans cette bouteille. Ce vin était réellement très bon. Ce qui l’a rendu exceptionnel pour moi, ce furent nos regards de connivence et le partage de ce moment.

Voilà une partie de réponse pour savoir en quoi un vin est exceptionnel. Il est le fruit de l’Homme (majuscule pour inclure nos amies vigneronnes, œnologues… et convives) plus que celui d’un lieu, bien que celui-ci doive permettre aux choix de s’exprimer et à la vigne de vivre selon ses goûts. Le vin est un vecteur pour enrichir une relation humaine.

Qu’est-ce donc qui rend un vin exceptionnel ?

Ma réponse est qu’un vin exceptionnel, c’est un bon vin partagé avec une personne qui vous est exceptionnelle : c’est une réponse humaine à notre désir de ne plus être seuls.

Philippe, Caviste à Le Lieu du Vin