Quand le vin a un goût de métal…

Quand le monde de la musique metal rencontre celui du vin, s’agit-il d’une simple approche marketing ou d’une réelle passion ? Cela reste à voir…
 
Les temps sont durs pour les papys du rock. A l’heure où les seules ventes de disques ne suffisent plus à remplir le tiroir caisse, les mastodontes du heavy metal n’hésitent plus à se diversifier pour obtenir des revenus supplémentaires. Des subsides bienvenus quand il s’agit de payer le prochain séjour en clinique, quelle qu’elle soit.

 

« A croire qu’on peut vendre tout et n’importe quoi pourvu que l’étiquette soit belle… »
Plusieurs groupes se sont lancés dans la production de breuvages alcoolisés. Spontanément, le métal va être associé à la bière. Que celui qui n’a pas bu son litre de bière chaude en écoutant les douces mélopées de -choisir le groupe de métal de votre choix- me jette la première pierre. Bruce Dickinson, le chanteur d’Iron Maiden, s’est pleinement impliqué dans l’élaboration de la Trooper, une bière aussi British que son créateur ! ACDC, Motörhead et Kiss ont également lancé la production d’une bière officielle pour ravir le palais de leurs fans dévoués. Mais dans une volonté de diversification qui peut paraître plus étonnante, ces groupes et leurs représentants ont également décidé de se lancer dans la vente de vin. Si ces artistes sont, pour certains, de véritables amateurs de grands crus, il ne faut pas voir autre chose que de simples opérations marketing dans ces productions qui auront pour objectif de remplir les caisses de groupes qui ont du mal (cela reste à confirmer) à se financer.

 

Wine Rock
 
En 2011, ACDC a lancé la vente de 4 vins aux noms évocateurs : “Black in Black Shiraz”, “Highway to Hell Cabernet Sauvignon”, “You Shook Me All Night Long Moscato”, « Hells Bells Sauvignon Blanc”. Tout un programme ! Produits en Australie, la patrie du groupe, ces vins ont connu un véritable succès et sont disponibles à la vente un peu partout… en Australie et sur Internet.
 
Nombreux sont les groupes qui ont été convaincus par ce succès. Motörhead se lance également dans le vin après la bière et la vodka !! Encore une fois des produits provenant d’Australie, un Shiraz et un rosé. Le tout disponible en bouteille, off-course, et en cubi, youpi. Un cubitainer en forme d’ampli de basse en hommage à Lemmy Killmister seul maitre à bord du vaisseau Motörhead, qui pour la petite histoire se contente désormais de boire du vin suite à de récents problèmes de santé. On ne se moque pas. Encore une fois, c’est un succès notamment en Scandinavie où la notoriété du groupe est importante.
 
Kiss et Slayer ont aussi rejoint les légions des groupes armés de bouteilles mais avec des vins Californiens. Cela fonctionne toujours. A croire qu’on peut vendre tout et n’importe quoi pourvu que l’étiquette soit belle, du moins qu’elle vous parle directement.
 

 « Il y a une réelle passion et l’élégance de ne pas surfer uniquement sur le succès des groupes concernés… »

Alors oui, le monde est pourri. Tout n’est que marketing, Magouilles et Cie… Mais certains artistes ont vraiment le vin dans le sang. C’est le cas de Maynard J. Keenan chanteur des groupes Tool, A Perfect Circle et Puscifer qui possède quelques viticulteurs dans son arbre généalogique et qui est tombé amoureux du vin sur les bons conseils de son manager. Et c’est avec passion qu’il a décidé de se lancer dans la production de son propre vin et qu’il a créé Caduceus Cellar avec l’aide d’un viticulteur professionnel. Les deux hommes se sont donnés comme mission de réintroduire la production dans l’état d’Arizona qui n’a plus vu de domaines depuis de très très nombreuses années. Cette folle aventure a fait l’objet d’un documentaire « Blood into wine » dans lequel l’énigmatique chanteur dévoile sa passion pour le vin. Et le pari est réussi, l’exploitation existe, fonctionne et le vin semble prometteur à croire ceux qui l’ont goûté. On est bien loin de la démarche de marchandisation d’un produit sous l’étiquette d’un groupe, il y a une réelle passion et l’élégance de ne pas surfer uniquement sur le succès des groupes concernés.
 
Au final, l’arrivée des groupes dans le monde du vin n’est que l’illustration d’une volonté de diversification des revenus. Il ne suffit plus de vendre de disques ou de remplir des salles de concerts. Il faut trouver tous les moyens possibles pour faire sortir la monnaie aux fans les plus dévoués et la bouteille de vin se pose en nouvel accessoire tendance. Seuls quelques vrais amoureux à l’instar de Maynard J. Keenan ont su se lancer dans l’aventure du vin sans vraiment vendre leur âme au diable. 
Bernard.
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Accorder ses repas : Du vin à la musique, il n’y a qu’un plat !

James Bond n’est pas un gigot !

Regarder un James Bond sans la musique de John Barry ? J’ai jamais essayé mais il doit certainement manquer l’ambiance. En revanche, écouter cet incroyable thème musicale sans le film ça m’arrive, je marche, je vibre un peu même, mais j’ai instantanément l’image de Sean Connery face camera pointant vers moi son Walther PPK. Il me faut l’image pour apprécier les violons, un saut en parachute avec sa musique pour avoir le frisson.

Le rapport entre un vin et un plat est quasi le même. Pas que votre gigot de 7 heures soit fade avec un verre d’eau pétillante, mais il lui manque son thème musical à votre gigot. Un Julienas de Haute Combe par exemple.

Heureusement, James Bond n’est pas un gigot, et inversement. Nettement moins exclusif, votre viande s’accordera avec une multitude de vins et tolèrera des arrangements en tout genre.  Du rouge, du blanc, du rosé et même de la bière ! Oui, oui, il faut oser !

A l’accordage !

Méfiance tout de même ! Pour peu que vous suiviez les recommandations simplistes « viande rouge = vin rouge ou viande blanche = vin blanc » des conseilleurs (allez, tous en chœur « Qui ne sont pas les payeurs »), vous pourriez vite vous retrouver avec du Céline Dion pour accompagner Tarantino. Franchement, ça vous tente ? Non !

Maintenant (mais également tout à l’heure), le goût reste avant tout une aventure personnelle. Il s’agit de se faire plaisir et, éventuellement, de faire plaisir. Alors ? 2 propositions :

  • Laissez parler le sommelier qui est en vous et tentez l’expérience ! Commencez par quelque chose de simple dont le goût vous est très familier. La rosette, le camembert ou des pâtes au beurre… et essayez de trouver la bouteille qui va bien. C’est un peu d’efforts mais en cherchant sur le web vous trouverez les 2-3 prérequis pour vous aider.
  • Les cavistes indépendants ! Allez-y bon sang de bois ! De l’Alsace au Chianti, du Minervois au Pays Namurois, ils chinent dans toutes les régions. A chacun sa spécialité, vins natures, bières artisanales, champagnes, ils ont moult propositions à vous faire y compris pour des pâtes au beurre.

Enfin, si certains parmi vous ont la musique de James Bond dans la tête, la prochaine fois qu’ils mangeront un gigot, c’est normal, « c’est la faute à Spirituo ». Bond, James Bond !