Les 10 raisons pour ne plus aller dans une foire au vin

Par avance, prends garde à toi cher lecteur. Il se peut que cet article, très volontairement à charge, n’émousse ta fierté de consommateur averti.
Nous allons en effet égrainer les 10 raisons pour lesquelles tu as eu tort de te rendre à la foire au vin de ton hyper/mega/super/micro/nano marché le WE dernier. Cela ne fait certes pas de toi une cause perdue, une âme maudite ou un sans goût. Non ! Seulement voilà, durant l’espace d’une demi-heure d’errance dans les allées sur-éclairées  de ton magasin préféré, toi aussi, à ton insu, tu fus le dindon de la foire et nous allons te dire pourquoi…

 1 – Une publicité habile mais trompeuse

Chaque année à la mi-septembre, nos boites aux lettres dégoulinent de catalogues pleins de promesses. Cette fois c’est sûr, les meilleurs millésimes nous attendent, c’est écrit dessus. Et puis en fait non, rayon vide. Quantité limitée oblige… « en v’nant hier matin à l’ouverture, vous en aviez » regrette pour nous le sommelier de supermarché.

2 – Des promos bidons

« 2 caisses achetées – la 3ième offerte » ; « Cuvée du roi à -50 % »…
Des affaires, on va en faire ! Au nombre de pancartes fluos qui tapissent le rayon, y’en a bien une pour nous hein ? Foire = excellentes affaires, c’est pour ça aussi qu’on est venu. Et puis on déambule, on repère nos petits favoris, on sélectionne du regard les coins à potentiels pour finalement se rendre compte que la promo c’est pour la palette d’à côté. Raté ! Encore…

3- Des réductions sur les millésimes les moins intéressants

Millésimée 2012 et surtout 2011, l’appellation Cornas est une pépite. Dommage que la promo soit sur 2013 …

4- Médailles et macarons en carton

Le dindon a ceci de contrariant, il tourne beaucoup la tête. Pour retenir ses belles mirettes sur les bouteilles,  les rois du marketing ont  trouvé la parade. Le macaron. Les bouteilles peuvent ainsi se voir recouvrir de plusieurs autocollants de l’acabit de celui-ci : « médaille de bronze du concours des amis du vin de Lourdes». On remarquera l’habileté du procédé qui consiste à mettre une médaille de bronze, sous-entendu « On vous vend le 3ième  du podium et c’est déjà vachement bien ». Et le dindon glougloutait.

5- Des rayons trop grands …

Evidemment c’est une foire !  Heureusement, les caddies sont très grands aussi.

6- … qui légitiment notre déplacement en voiture

C’est qu’on est venu pour remplir la cave. Alors même si la promo était bidon, que le Cornas 2013 il n’y en a pas, il reste tout plein de caisses de « la médaille de bronze des amis du vin de Lourdes ». Quels veinards !

7- Un personnel incitatif

Les directeurs de magasin ne lésinent pas sur les moyens. A renfort de personnel spécialement mobilisé pour l’occasion, on nous oriente vers les bonnes palettes et on nous rassure sur la qualité de nos choix. «Les amis du vin de Lourdes ? Avec ceux de Dunkerque c’est le meilleur jury. 2 caisses ? c’est pas de trop. »

8- Le conditionnement des bouteilles (ou comment flinguer un vin)

La lumière et la chaleur ne sont franchement pas copains avec le Cornas.

9- Chez un bon caviste, c’est la foire toute l’année 

C’est pas faute de le crier ça et là.

10 – Tu n’es pas un dindon cher lecteur

Un peu d’amour propre tout de même! D’ailleurs tu ne sais même pas glouglouter.

Ne plus oublier les bonnes bouteilles

Se souvenir de ses film préférés, facile, de ses yaourts préférés, facile, de ses chaussettes préférées, encore facile. S’il y a un truc pour lequel ça se gâte, c’est l’alcool et s’il y a un alcool pour lequel ça semble sans espoir, c’est le vin. Trop de cépages, trop d’appellations, trop d’années ! Ajoutez à ça des étiquettes qui changent à chaque cuvée et des cavistes qui déplacent les bouteilles d’une étagère à une autre pour le plaisir et ça devient du grand n’importe quoi… Comme une envie de se remettre à la grenadine (mais laquelle ?).

C’est con mais fallait y penser !

Heureusement, un journaliste « plus intelligent » que les autres s’est attaqué au problème et nous propose une méthode sans faille pour y remédier. Vous êtes assis ? Prêt à intégrer un procédé qui risque de révolutionner à jamais vos habitudes d’achat ? Allons-y :

« Il faut associer une image au nom d’un vin ! »

Ce n’est pas suffisamment clair ? N’ayez crainte, après l’exemple imbitable proposé par le champion du monde de la mémoire pour se souvenir de son Riesling préféré, le « Karthäuserhof Eitelsbacher», l’article de Slate.fr nous propose un exemple limpide pour nos humbles boites crâniennes :

« Pour se souvenir d’un Crozes-Hermitage : Marie-Josée Croze dans une maison de campagne retirée (un ermitage) »

Equation Croze
Imparable… ou pas ! Pour tous ceux qui, comme nous, avons la mémoire qui flanche et n’en sommes pas totalement convaincus, il existe d’autres solutions.

Mais comment faire alors  (!! Warning !! autopromo ) ?

L’idéal serait de pouvoir historiser ses achats et de mettre de côté les bouteilles dont on aimerait vraiment se souvenir, non seulement pour pouvoir les acheter à nouveau, mais aussi s’en servir de référence pour de nouveaux choix.

Plusieurs sites et applications proposent aujourd’hui des services permettant plus ou moins de répondre à ce besoin. De notre côté, nous vous proposons le « tout en un » !
Sur votre compte Spirituo, la bouteille que vous avez aimé, ses caractéristiques ainsi que le magasin où vous l’avez trouvée sont au même endroit. C’est sûrement moins drôle et prometteur que Marie-Josée Croze à la campagne mais ça a le mérite d’être un peu plus pratique.

Et si vous n’avez pas encore de compte Spirituo, c’est le moment : Inscrivez-vous !

Les 10 faux bienfaits du Whisky

Vrai ou Faux ?
Tout le monde est déjà tombé sur ces innombrables « listicles » qui vous expliquent comment devenir maître du monde en restant bien au chaud sous la couette. Rien de bien méchant en général, si ce n’est de colporter parfois de nombreuses informations erronées, concernant souvent la santé

Dans ce genre-là, et plus particulièrement parmi les sujets qui nous concernent, la fameuse liste des bienfaits du whisky… Basée sur des articles et recherches provenant notamment de Harvard, le Telegraph, le National Center for Biotechnology Information (Centre américain d’informations biotechnologiques), le Journal of Food Science et par des centres de recherche sur le cancer.  Je vais donc ici me faire un plaisir de démonter (presque) tous ces points, point par point..

Certes, le but de ce contre-article n’est pas de vous dégouter de l’alcool en général et du whisky en particulier, mais force est de constater que ces listes tiennent parfois bien de la désinformation, voire même de la dangereuse recommandation, en ce qui concerne le diabète.

Cet article tourne sur le net depuis quelques années et revient en force ces derniers temps, apparemment sous l’impulsion du site « The Luxury Spot ». Depuis, il est joyeusement pompé repris, traduit, et complétement modifié. Nous utiliserons donc sa récente version québécoise du Journal de Montréal.

1 – Empêche la prise de poids

« En plus de réduire l’appétit, le whisky est un alcool peu calorique, car on le consomme généralement en petite quantité »

FAUX : Evidemment, aucun aliment ne saurait empêcher la prise de poids, puisqu’il apporte de l’énergie, par définition. Le whisky, généralement embouteillé à 40%, est par exemple aussi calorique que le calvados, la vodka, le gin, les rhums agricoles. De plus, la majorité du whisky consommé dans le monde est bu pour s’alcooliser, dans un contexte de fête et mélangé avec des sodas ou de l’eau pétillante. Et il suffit d’en boire un à jeun pour constater soi-même s’il ouvre ou réduit l’appétit…

2 – Améliore la santé cardiaque

« Les antioxydants présents dans cet alcool empêchent l’accumulation du mauvais cholestérol dans les artères. Le whisky est l’une des seules boissons qui peuvent renforcer le cœur. Il réduit les risques de formation de caillots sanguins ainsi que ceux de faire une crise cardiaque »

FAUX : Les fameux antioxydants cités à longueur de cette liste seraient plutôt le bien seul acide ellagique, (présent à hauteur de 1.20g/litre dans le meilleur des cas) de la famille des fameux polyphénols, ou tannins issus des plantes. Ils sont effectivement antioxydants, mais ne sauraient contrer la concentration en radicaux libres dans le muscle cardiaque engendrée par l’absorption d’alcool. Pour ces choses-là, le vin rouge est certainement beaucoup plus intéressant.

3 – Combat le cancer

« Riche en antioxydants, le whisky contient notamment de l’acide ellagique, qui permettrait d’empêcher la prolifération des cellules cancéreuses. Il exercerait une action capitale dans la prévention du cancer de la peau, du poumon et de l’œsophage. Il peut aussi protéger le corps pendant un traitement de chimiothérapie »

Plus ou moins FAUX : De toutes les façons, les polyphénols se retrouvent partout dans notre alimentation, (on en absorbe au moins 1 g par jour) étant majoritairement responsables de la couleur des fruits et légumes (anthocyanes, quercétine). Quant à leurs propriétés anti cancer, elles n’ont pas pu être prouvées in vivo, idem pour la chimio. Ah oui, l’histoire d’amour entre l’alcool et l’œsophage, je vous la raconte ?

4 – Améliore la santé du cerveau

« Une étude menée en 2003 a conclu que le whisky réduit les risques de souffrir de démence et de la maladie d’Alzheimer ».

FAUX : Ce sont encore une fois les polyphénols qui sont ici censés être bénéfiques, mais ils sont trop peu concentrés dans le whisky. Cela ne peut contrecarrer les méfaits de l’alcool, qui entraîne des carences en vitamines essentielles pour le cerveau : La vitamine B1 qui régule l’assimilation des glucides (source d’énergie) dans le neurone ; La vitamine PP qui intervient dans la respiration cellulaire. Leur absence ou carence provoque une dégénérescence du neurone qui va finir par être détruit.

5 – Réduit les risques d’infarctus

« Le whisky améliore la circulation sanguine en aidant le corps à se débarrasser du cholestérol présent dans les vaisseaux sanguins. »

FAUX : Tout est une question de dose. Certes, la fabrication du « bon » cholestérol est stimulée parl’absorption d’alcool, et va venir chasser le « mauvais ». Mais l’alcool fort augmente sensiblement la tension artérielle, et ça votre système vasculaire, il n’aime pas ! (vaut aussi pour le point numéro 2).

6 – Combat le stress

« Le whisky aide à combattre l’anxiété et le stress, à calmer les nerfs et à détendre le corps. Il améliore la circulation sanguine et l’oxygénation des organes »

FAUX : Anxiolytique comme n’importe quel alcool, mais la détente musculaire sera de courte durée et l’effet sera inversé le lendemain ! Quant à la circulation et l’oxygénation, Humm… faites du sport !

7 – Bonifie la mémoire

« Les antioxydants présents dans le whisky améliorent la santé du cerveau en stimulant la mémoire. Ces propriétés, qui réduisent le risque de souffrir de démence, gardent le cerveau jeune et actif. »

TOUJOURS FAUX : Voir point 4.

8 – Favorise la digestion

« Le whisky a longtemps été utilisé comme remède pour les problèmes digestifs. Consommé après un repas, il aide à détendre le corps. Il réduit aussi l’appétit et les chances d’avoir des maux d’estomac ou une indigestion après avoir consommé un repas copieux ».

FAUX : Il détend tellement bien, que les muscles de l’estomac ne travaillent plus, ralentit la vidange de l’estomac, engendre un reflux œsophagien…. J’arrête là ?

9 – Allonge l’espérance de vie

« Puisque les antioxydants et les nutriments présents dans le whisky éloignent les maladies, l’espérance de vie des amateurs de la boisson est plus grande. Il empêche également la dégradation des cellules les plus importantes du corps, qui ne se régénèrent pas par elles-mêmes. »

FAUX : Pas exclusif au Whisky, le consensus actuel sur l’alcool étant que l’on vit mieux et plus longtemps en buvant modérément que si l’on est totalement abstinent.

10 – Sans danger pour les diabétiques

« Puisque le whisky contient très peu de glucides, il n’augmente pas le taux de sucre dans le sang. C’est ce qui en fait la boisson idéale pour les personnes souffrant de diabète ».

FAUX ! Toute édulcoration du whisky étant interdite, il ne fait certes pas augmenter la glycémie. Mais ! (Et là je cite l’Université de Montréal) : « La consommation d’alcool chez les diabétiques augmente le risque d’hypoglycémie, une condition caractérisée par une baisse anormale du sucre dans le sang. Lorsque vous buvez de l’alcool, votre foie s’active à l’éliminer de votre sang. Pour ce faire, il met de côté toutes ses autres activités, y compris le contrôle de la quantité de sucre qui circule dans le sang (glycémie). Ainsi, le glucose habituellement libéré est « emprisonné » dans le foie, ce qui peut alors affecter le contrôle de la glycémie… Un seul verre d’alcool est suffisant pour que votre foie ait plus de difficulté à produire du glucose. De plus, les risques d’hypoglycémie augmentent si l’alcool est pris à jeun. En effet, l’alcool ingéré le ventre vide est rapidement absorbé et se retrouve dans le sang en un clin d’œil. Boire aussi peu que 60 ml d’alcool à jeun peut déclencher une hypoglycémie sévère. »

Gaël Caté – Consultant en Spiritueux

Meilleur whisky du monde : l’Ecosse hors du trône !

Un choc et une tendance

Tremblement de tourbe au royaume d’Ecosse. « La bible du whisky » vient de délivrer son verdict. Non seulement, le meilleur whisky du monde 2014 est japonais (le Yamazaki Single Malt Sherry Cask 2013), mais en plus, aucun whisky écossais n’est classé dans les 5 premiers. Oh my God !

En 12 ans d’existence, jamais un palmarès n’avait était aussi infamant pour LE pays du whisky. Certes, les whiskies nippons se sont toujours réservés quelques places de choix dans les classements et la reconnaissance des amateurs, mais delà à ravir le trône … « Humiliation » a titré le Daily Mail ! Il faut dire, selon l’avis des spécialistes, que ces dernières années les distilleries écossaises sont moins aventureuses et moins imaginatives que leurs concurrentes asiatiques. Ce qui devait arriver, arriva donc.

Le whisky belge à l’honneur

Dans une autre catégorie, celle du meilleur whisky européen (catégorie, excluant les breuvages écossais et irlandais), c’est la Belgique qui peut bomber le torse. Son Owl Single Malt ‘64 Months est le champion 2014, ex aequo avec l’Anglais Co Chapter 14.
Déjà primée en 2011, la distillerie au hibou, qui revendique une production de terroir et qui travaille en commerce équitable peut être fière. Seul bémol, moins de 300 bouteilles ont été commercialisées, et vous savez quoi ? il n’en reste plus !

Le palmarès 2014