« Traitement Médoc », le rap au secours du vin français !

Vin et rap (Nas)

Le rappeur américain Nas en visite à Cognac

S’inspirant de la belle histoire qui durant les années 90 permit d’augmenter de manière exponentielle les ventes de Cognac grâce à la présence de flacons prestigieux dans les clips de stars américaines du rap comme Busta Rhymes ou Puff Daddy, les vignerons français lancent l’opération «Un rap, un 20 ».

Le principe est simple : associer un rappeur français à une AOC célèbre. Pour l’occasion, l’artiste compose un morceau et les vignerons participent au clip.
Cette collaboration a plusieurs avantages commente Jean-Michel Recheb responsable de l’opération. « Elle permettra de rajeunir l’image parfois vieillotte du terroir, de communiquer auprès d’un public amateur de Cognac mais encore hermétique au vin et de produire des œuvres musicales fortes et originales ».

Plusieurs morceaux ont déjà été enregistrés, comme « S’faire un Morgon », « Monté comme Montrachet » ou encore le slam de Grand Corps Malade « Traitement Médoc » :

Tu me prends la tête, tu me fous l’sum
J’ai envie de fuir, tel un Sprinkbok,
Mais pour mon spleen j’ai l’antidote
Je pars dans les vignes droit dans mes bottes
Traitement tranquille, traitement Médoc.

Les vignerons sont sceptiques, mais concèdent que c’est une affaire de professionnels de la communication.
Le disque devrait sortir en octobre 2015, pendant les vendanges…

Le verre de trop (Spirituo blag’ side)

Brèves de Caviste #1

Oui, tout comme celles de comptoir existent, j’ai décidé de narrer celles de mon métier, caviste.

Ici et là, je m’en vais piocher les petites pépites que j’ai eues à entendre ou constater…

Je mentionnerai très certainement les cuvées ou les vignerons « incriminés » dans ces instantanés de mes journées et soirées. Sachez qu’elles seront très certainement ponctuées d’un dosage d’humour propre à moi-même et que je ne force personne à en rire 😉


« Grololo », la cuvée des Pithon-Paillé en Grolleau 100% :

Une soirée de débâcle au « Lot » Of Wine (c’est quand on la salle et le bar sont remplis, qu’on se fait marcher sur la tête et que l’envie nous vient de pousser les murs, une soirée classique en fait !)…

Une jeune femme retient mon attention…

Une jeune femme que j’avais trouvée étrange car, arrivée avec un petit groupe de personnes mais jamais vraiment restée en leur compagnie. Toute virevoltante et assez curieuse de tout ce qui se passe de l’autre côté du bar, elle passe pour la énième fois aux abords de notre « site de production intensif d’assiettes victuailleuses » et, à ce moment-là, on ouvre une quille de « Grololo »…

Grololo

Interloquée et subitement incendiaire, la jeune femme s’insurge, peste et hausse le ton à la faveur de ses sourcils puis nous déverse un :

Ah c’est bien un truc de mec ça ! Non mais c’est quoi cette étiquette ? La parité on n’y est pas encore !!

L’attention des habitués du bar se meut petit à petit en bruits soutenus des hilarités intérieures, ça pouffe tout contenu, les lèvres pincées, ça rit en toute discrétion derrière les mains.
Courroucée et en attente d’une attention collective, elle poursuit :

Et pourquoi n’y a-t-il pas un vin qui s’appelle « Bibite » ?

Ce sur quoi mon homme (qui œuvrait d’ores et déjà au remplissage des verres au bar) lui rétorque, de sa plus vive répartie toute Cadurcienne :

Sans doute parce qu’aucun cépage ne se nomme « Bite » ?

Un ange est passé juste après ça… Se faufilant entre les rires enfin dé-contenus et devenus explosifs des convives autour… Mais la part de cet ange là n’était rien que pour elle…

On n’a pas cru bon de lui donner l’occasion de goûter ce fameux « Grololo »… A tort ou à raison !

Accorder ses repas : Du vin à la musique, il n’y a qu’un plat !

James Bond n’est pas un gigot !

Regarder un James Bond sans la musique de John Barry ? J’ai jamais essayé mais il doit certainement manquer l’ambiance. En revanche, écouter cet incroyable thème musicale sans le film ça m’arrive, je marche, je vibre un peu même, mais j’ai instantanément l’image de Sean Connery face camera pointant vers moi son Walther PPK. Il me faut l’image pour apprécier les violons, un saut en parachute avec sa musique pour avoir le frisson.

Le rapport entre un vin et un plat est quasi le même. Pas que votre gigot de 7 heures soit fade avec un verre d’eau pétillante, mais il lui manque son thème musical à votre gigot. Un Julienas de Haute Combe par exemple.

Heureusement, James Bond n’est pas un gigot, et inversement. Nettement moins exclusif, votre viande s’accordera avec une multitude de vins et tolèrera des arrangements en tout genre.  Du rouge, du blanc, du rosé et même de la bière ! Oui, oui, il faut oser !

A l’accordage !

Méfiance tout de même ! Pour peu que vous suiviez les recommandations simplistes « viande rouge = vin rouge ou viande blanche = vin blanc » des conseilleurs (allez, tous en chœur « Qui ne sont pas les payeurs »), vous pourriez vite vous retrouver avec du Céline Dion pour accompagner Tarantino. Franchement, ça vous tente ? Non !

Maintenant (mais également tout à l’heure), le goût reste avant tout une aventure personnelle. Il s’agit de se faire plaisir et, éventuellement, de faire plaisir. Alors ? 2 propositions :

  • Laissez parler le sommelier qui est en vous et tentez l’expérience ! Commencez par quelque chose de simple dont le goût vous est très familier. La rosette, le camembert ou des pâtes au beurre… et essayez de trouver la bouteille qui va bien. C’est un peu d’efforts mais en cherchant sur le web vous trouverez les 2-3 prérequis pour vous aider.
  • Les cavistes indépendants ! Allez-y bon sang de bois ! De l’Alsace au Chianti, du Minervois au Pays Namurois, ils chinent dans toutes les régions. A chacun sa spécialité, vins natures, bières artisanales, champagnes, ils ont moult propositions à vous faire y compris pour des pâtes au beurre.

Enfin, si certains parmi vous ont la musique de James Bond dans la tête, la prochaine fois qu’ils mangeront un gigot, c’est normal, « c’est la faute à Spirituo ». Bond, James Bond !